Genevieve Ribes

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La FAR : Madame Geneviève Ribes, tout d’abord, merci d’avoir accepté de nous recevoir. Qui ne connaît pas au moins de réputation Madame Ribes à Graulhet et dans le milieu artistique de la région pour son dévouement à sa ville, aux polyhandicapés, à la culture en général et à l’art plus particulièrement. Mais, pour que le grand public puisse faire davantage votre connaissance, pourriez-vous vous présenter vous-même ?


Même si j’ai passé la plus grande partie de ma vie à Graulhet, je suis Bourguignonne d’origine. C’est à Lyon que j’ai fini mes études dans une école privée pour fille d’où je suis sortie avec un diplôme de chimie et un diplôme de dessin industriel.

 

La FAR : C’est déjà un début assez atypique, car il ne devait pas y avoir beaucoup de filles à l’époque pour se diriger vers une carrière de chimiste.


Nous étions quand même une douzaine dans la classe. En dessin industriel, il fallait que nous réalisions les projets que nous avions dessinés, mais comme nous n’avions pas à l’école même de machines lourdes comme une fraiseuse par exemple, nous allions faire ces travaux pratiques dans l’école de garçons et même si nous avions ces heures réservées uniquement pour nous, les filles, cette présence invisible des garçons émoustillait nos adolescences (sourire).

C’est à Lyon que j’ai fini mes études dans une école privée pour fille d’où je suis sortie avec un diplôme de chimie et un diplôme de dessin industriel.

 

La FAR : Avez-vous fait carrière dans l’un de ces deux domaines ou dans les deux ?


Presque exclusivement comme chimiste. J’ai commencé au laboratoire de contrôle et de recherches des Tanneries Lyonnaises, laboratoire qui comptait 800 personnes. Pour des raisons familiales, j’ai dû continuer ma carrière de chimiste à Paris en recherche et contrôle dans un laboratoire pharmaceutique, puis dans une entreprise de traitement des eaux de chaudière. Comme pour beaucoup de femmes à l’époque, ma carrière s’est terminée quand je me suis mariée. Et c’est là que je suis arrivé à Graulhet où résidait la famille de mon mari. J’y suis depuis 54 ans maintenant.

 

Geneviève dans son salon au dessous de deux portraits qu'elle avait fait de ses enfants
Geneviève dans son salon au dessous de deux portraits qu’elle avait fait de ses enfants.


La FAR : Vous êtes donc une scientifique, mais aussi l’artiste que nous connaissons. Comment vous est venu ce goût des arts graphiques ?


Mes parents étaient dessinateurs de métier et c’est eux qui m’ont donné toutes les bases de dessin parce que depuis toute petite j’aimais dessiner. Une petite anecdote en passant, le fait d’être première en dessin m’a évité d’avoir un zéro en géographie. En effet, la carte que j’avais faite en devoir était tellement précise que mon professeur pensait que je l’avais décalquée, ce qui était absolument interdit. Mais, mes camarades de classe ont confirmé que j’étais bien le première de ma classe en dessin.

[...] Le fait d’être première en dessin m’a évité d’avoir un zéro en géographie. En effet, la carte que j’avais faite en devoir était tellement précise que mon professeur pensait que je l’avais décalquée [...].

 

La FAR : Très jolie anecdote. Je suppose que vous avez fait les beaux arts avec le talent que vous démontriez déjà.


Et non, malheureusement. Nous habitions pourtant à quelques rues de l’École des Beaux Arts à Lyon, mais c’est justement le spectacle un peu spécial que donnaient les étudiants qui m’a empêché de même formuler ma demande auprès de mes parents. Je connaissais leur réponse d’avance. C’est pourquoi j’ai étudié le dessin industriel à la place et la chimie parce que j’aimais aussi ça.

 

La FAR : Mais vous avez certainement pris des cours par la suite.


Oui, après mon mariage, mais pas tout de suite. Je peignais à la gouache, ce qui était courant à l’époque. Ma fille était toute petite et j’ai voulu peindre sur l’abat-jour le même motif qu’il y avait sur le pied de la lampe, ce qui se faisait beaucoup en ce temps là. Seulement, il fallait le faire à l’huile, technique que je n’avais jamais touché encore. Et c’est là que m’est venue l’idée de prendre des cours. L’atelier où ces cours se donnaient était à Castres et s’appelait Atelier d’Art 81. Pendant les 8 ans où j’y suis resté, j’ai appris beaucoup de choses, dont le pastel et évidemment l’huile. À Graulhet, j’ai exposé plusieurs fois au foyer Léo Lagrange et c’est là que Monsieur Christian Bruyère, des gâteaux, président de l’Éveil Artistique m’a demandé de donner des cours à mon tour. J’ai beaucoup hésité et puis je me suis lancée et depuis plus de 15 ans maintenant, j’enseigne à l’Éveil Artistique.

 

La FAR : Dont vous êtes la Vice-présidente.


Dont je suis effectivement la Vice-présidente.

 

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La FAR : Mais vous êtes aussi sur le conseil d’administration de plusieurs autres associations aussi, n’est-ce pas ?


C’est exact. De 1981 jusqu’à 2006, j’ai été présidente de l’Office du Tourisme et, quand celui-ci a été repris par la Municipalité, l’Association Tourisme et Culture a été fondée, c’est elle qui organise annuellement le Salon de Printemps de Graulhet. Jusqu’en 2000 et pendant 21 ans, j’ai été Présidente de la Croix Rouge. En décembre 1979, j’ai fondé le Club des Poly Handicapés.

 

La FAR : Et maintenant, depuis le 2 juin 2009, vous êtes Vice-présidente fondatrice de la FAR, mais nous y reviendrons plus loin. Après tous ces détails sur un parcours exceptionnel, nous allons revenir au questionnaire traditionnel de cette rubrique « portrait d’artiste ». Quel genre d’art pratiquez-vous (peinture, sculpture, etc.) ?


Peinture et sculpture. Depuis 4 ans, j’apprends la sculpture à l’Éveil Artistique. 


"L'aigle" sculpture
« L’aigle » sculpture


"L'aigle" sculpture (détails)
« L’aigle » sculpture (détails)


La FAR : Avez-vous un style (figuratif, abstrait, autre) ? Appartenez-vous à une école (pointillisme, cubisme, réalisme, hyper réalisme, etc.), à une tendance (contemporain, etc.) ?


Disons que je fais du figuratif contemporain. En fait, je peints surtout ce que j’ai envie de peindre, comme la plupart des artistes.

 

La FAR : Vous considérez-vous comme débutant(e), amateur(e) ou professionnel(le) ?


Je me sens plus comme amateur, mais comme j’enseigne, je suis aussi une professionnelle. D’ailleurs, je suis inscrite comme artiste peintre avec un n° de SIRET.

Je n’ai pas d’atelier spécifique à la maison. Selon la lumière, je peints aussi bien dans ma cuisine que dans mon salon.

 

La FAR : Exercez-vous votre art actuellement chez-vous, en atelier ou en public (rue, vitrine, autre) ? Pourquoi ?


Chez moi et en atelier à l’Éveil Artistique à l’Espace Go en attendant que les nouveaux locaux de la FAR soient prêts.

 

La FAR : Montrez-nous maintenant le ou les coins où vous travaillez votre art et par la même occasion vos œuvres.


Je n’ai pas d’atelier spécifique à la maison. Selon la lumière, je peints aussi bien dans ma cuisine que dans mon salon. Suivez-moi.

 

Geneviève peignant dans sa cuisine
Geneviève peignant dans sa cuisine.


La FAR : Tout en continuant la visite, pourriez-vous répondre à d’autres questions.


Mais certainement.

 

La FAR : Comment avez-vous connu la FAR (fondateur(trice), journaux, amis, votre professeur, etc.) ?


Comme vous le disiez plus haut, je suis l’une des fondatrices de la FAR et Vice-présidente.

 

La FAR : Qu’est-ce qui vous a décidé(e) à adhérer à la FAR ?


Je cherchais depuis longtemps un moyen de permettre aux amateurs et surtout à mes élèves d’exposer leurs œuvres. Une fois par année, une exposition leur est spécialement consacrée à l’Office du Tourisme, mais il me semblait que ce n’était pas assez. Alors, quand Robert Bourges, l’actuel Président m’a parlé de son idée de créer une Fédération des Artistes avec une possibilité pour tous les artistes adhérents d’exposer en rotation à longueur d’année, j’ai embarqué tout de suite.

 

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La FAR : Avez-vous des suggestions à faire aux administrateurs de la FAR ?


Vous comprendrez que, faisant partie du bureau de la FAR, je présente mes suggestions au fur et à mesure lors de nos réunions. Ayant tenu notre dernière réunion le 20 octobre, non, vraiment, je ne vois rien d’autre à ajouter.

 

La FAR : Quand la FAR aura ses nouveaux locaux à l’ancien marché, voudrez-vous y exposer ? Participer activement à la vie de la FAR ?


Comme vous le voyez, j’y participe déjà à fond. En tant que membre du bureau, nous avons beaucoup de réunions, ce qui est normal, puisque nous sommes en train de construire la FAR de toute pièce. Quand à y exposer, bien entendu, mais pas tout de suite, car je pense que les administrateurs déjà connus du public devraient donner en premier la priorité à tous les artistes qui le sont moins.

 

La FAR : A quelles activités aimeriez-vous participer ?


A toutes les manifestations qui se présenteront. J’ai participé en mon nom et en celui de l’Éveil Artistique à la Fête du cheval et à la Foire commerciale. Évidemment, je préférerai qu’il fasse un peu plus beau les prochaines fois (rires). Mais il y avait une très bonne ambiance malgré la pluie et c’était très sympa.

[...] Je pense que les administrateurs déjà connus du public devraient donner en premier la priorité à tous les artistes qui le sont moins.

 

La FAR : Quel genre d’activité aimeriez-vous que la FAR développe ?


Les expositions. Pas seulement l’exposition permanente en programmation, mais des expositions un peu partout à Graulhet et dans la région.

 

La FAR : Seriez-vous prêt(e) à vous faire mieux connaître du grand public en exerçant votre art aux vues de tous dans les rues et places de Graulhet ?


J’ai déjà peint dans les rues, à Réalmont ou à Castres par exemple ou ici à Graulhet avec les élèves. Mais maintenant (rire), j’aime avoir mes aises. C’est une expérience enrichissante que tout artiste doit connaître, mais je laisse la place maintenant aux autres.

 

"Amaryllis" (acrylique)
« Amaryllis » (acrylique)


La FAR : Et maintenant quelques questions plus personnelles. Comment voyez-vous votre avenir en tant qu’artiste en général, puis à Graulhet ?


Tant que je pourrai peindre, sculpter et enseigner, je le ferai de tout mon cœur. Je trouve que de plus en plus les Graulhétois sont attirés par l’art, pas seulement pour l’apprécier mais pour le pratiquer. Peut-être pour s’y évader des soucis quotidiens, mais je trouve ça très encourageant.

 

La FAR : Plus intime encore, quelle est votre couleur préférée ? Celle que vous aimez le moins ?


J’aime toutes les couleurs, mais, peut-être que le bleu est ma préférée.

Tant que je pourrai peindre, sculpter et enseigner, je le ferai de tout mon cœur.

 

La FAR : Votre artiste préféré ? Celui que vous aimez le moins ?


Oh vous savez ! Je suis très éclectique. J’aime Renoir, mais j’aime aussi beaucoup Casimir Ferrer. Je préfère taire le nom de celui que j’aime le moins (rire).

 

La FAR : Ce que vous aimez le plus (dans la vie de tous les jours, chez une personne, etc.) ? Ce que vous aimez le moins ?


J’aime aider les autres, rendre service. Je déteste me faire marcher sur les pieds et l’hypocrisie.

 

La FAR : Votre plat préféré ? Celui qui vous donne la nausée ?


Je suis gourmande, je l’avoue, mais j’aime particulièrement le fromage. Mais alors ce dont j’ai horreur, ce qui me donne réellement la nausée, c’est la crème de lait dans mon bol au petit-déjeuner et ceci depuis ma plus tendre enfance.

 

Aquarelle 1995

 

La FAR : Comment voyez-vous l’avenir en général et le vôtre en particulier ?


Pour moi, vivre le plus longtemps possible en bon état avec mon mari, mes enfants, mes petits enfants et, plus problématique, avec mes arrières petits-enfants. Je vois un avenir difficile pour beaucoup. Les temps sont particulièrement difficiles en ce moment.

 

La FAR : Pourtant, avec la seconde guerre mondiale, vous avez dû connaître des temps encore plus durs encore, non ?


Oui, certainement. J’ai connu l’exode, l’occupation… Mais ce qui m’effraie, c’est aujourd’hui l’état de dépendance dans lequel nous sommes tombés vis à vis des énergies et de la technologie. J’aime tout ce progrès qu’on a fait, mais j’ai peur que nous ne soyons plus préparés à affronter des temps difficiles, vraiment difficiles.

 

La FAR : Eh bien, merci de nous avoir accordé cette entrevue, Madame Ribes et à la prochaine réunion.