Activités

PREFACE

 

Il y a ceux de l’ancien temps qui écrivaient en langue « mariale » dans le patois et la graphie des Graulhétois, pour être mieux compris. Racontant les événements, les choses et les hommes, ils étaient inépuisables aux sources vives dont ils s’abreuvaient.

On les imprimait dans « L’Écho du Dadou » pour évoquer le petit train, le kiosque à musique du Jourdain, le Dadou, le Verdaussou, Panessac, les clochers de Notre Dame et l’environnement.

Ils chantaient l’âme de Graulhet pittoresque avec ses ingrédients savoureux, épicés parfois, qui sortaient des usines et des ateliers. Ils émaillaient de leur discours le Tivoli sur la place du château et les bistrots de Saint-Projet ou du Jourdain. Tels étaient le bon docteur de Pémille, Achille Manavit, Paul Calvignac, Philémon Andrieu, Laurent Escribe à Briatexte, dans leur verve aiguisée.

Après les aînés sont venus au cœur de l’autre guerre, dans la conscience meurtrie des esprits torturés, ceux aussi nombreux que divers des camps nazis, du travail obligatoire et des maquis. Libérés, ils ont dit le torrent de leurs mots retenus que portaient Georges Vergnes, Marcel Viguier et Léon Rouyre.

Dans nos pensées juvéniles, à leur écho, sur leur pas, avec Hervé Quinté, nous sommes allés à Réalmont rejoindre Louisa Paulin, la poétesse délicate et sublime dans ses derniers soirs de la Saint-Jean, sur les autres rives du Dadou.

C’était déjà le temps de l’Éveil Artistique, ardent de désirs éclectiques, dans l’éventail de ses jardins fleuris, étaient près de nous, marginaux mais camarades, Marcel Pélissou, Marguerite Palus, Paul Bonnet, Adrien Duroc, fidèles ou dissidents à la rime et aux accords.

Dans la vague rose ou bleue apaisée, « les poètes ont toujours raison », d’autres sont venus au creux de « l’Eveil » avec Pierre Taillant, cohorte enthousiaste, de La Fenasse en haut Dadou, de Lombers la Cathare et les hautes collines graulhétoises.

Jeanne Calvel-Galinier, Paulette Bogdel, Yvette Clauss, Yves Coulon, rapprochés, avec des accents nouveaux.

A tant de vibration fusionnelle, il ne se pouvait pas que, homme du Tarn, mais Parnassien, Georges Spénale, le Président européen, ne mêle pas sa voix avec ceux de Graulhet, une ville qu’il connaissait bien et qu’il aimait.

« Les Poètes sans Frontières » étaient déjà assurés et motivés. Les plus jeunes, ardents eux aussi, diffusaient leurs premières publications, modestes certes mais régulières. Elles ont engendré les soirées annuelles de l’Auditorium, fidèlement suivies, où on aime les entendre déclamer. Ils forment la pléiade graulhétoise. Etienne Busquet, André Moussière, Marie-Christine Barbaro, Eric Blanc, Christine Pélissou, Jérôme Laquerbe, Geneviève Moulet, Françoise Mauriès, Alain Thémiot, Pierre-Jean Arnaud, Rose-Marie Peyruc, Nadine Gil.

Il y a eu pour les accueillir sur les tréteaux de l’Acropole, Régine Parayre et Jean-Paul Aymés dont ils ont fait le Président, si bien qu’à ce butinement, Raymond Fau, l’ancien chef, captivant chanteur, Jean-Pierre Bonsirven son disciple, ont apporté leur miel savoureux.

Il ne restait plus qu’à Gabriel Rouyre d’appuyer par l’aval du Comité Culturel, pour qu’aboutisse avec ses réminiscences poétiques, le bouquet de jasmin et de roses proposé aux Graulhétois.

L’Éveil Artistique auquel sont attachés les poètes avec son Président François Danet, dans la tradition de sa longévité, se félicite de tant de richesses pour épauler la jeune vague émergente.

Sur le pas des aînés dont nous étions, nostalgiques, nous sommes assurés que les Muses portent toujours l’espérance prometteuse de demain au Parthénon graulhétois.

 

Henry Manavit

Le Comité Culturel (Gabriel Rouyre, Jean Chabbal)

L’Éveil Artistique Graulhétois (H. Manavit)